De l’école des mines à la gestion d’une société de logiciels

Mon histoire

De l’école des mines à la gestion d’une société de logiciels

Après avoir fait une école d’ingénieur des mines, Manoj Pipersania a quitté la profession pour travailler dans le secteur des technologies de l’information au Népal, puis aux États-Unis, dans de grandes sociétés. Ces dernières années, Manoj les a passées à diriger SoftServ, sa propre entreprise de logiciels, qui a ouvert son premier bureau international à Brisbane, en Australie.

Quand avez-vous réalisé que vous vouliez fonder SoftServ?

J’ai tout d’abord pensé à créer ma propre société en 1998. Je faisais mes études d’ingénieur des mines, mais lorsque j’ai passé mon diplôme je me suis retrouvé avec la même question que se posent tous les jeunes : et maintenant, que faire ? J’avais passé quatre ans sur les bancs de l’université pour un diplôme qui ne m’intéressait pas.

Puis les technologies de l’information sont arrivées ouvrant grand ses portes à qui avait un esprit logique et d’analyse. En 2001, j’ai décroché mon premier emploi d’ingénieur logiciel au Népal. J’y ai vécu pendant trois ans avant de travailler pour de grosses sociétés américaines du Fortune 500 comme Electronic Date Systems et United Health Group. C’est à Noël 2013 que j’ai tout quitté pour me consacrer à plein temps à SoftServ.

Si j’avais lancé SoftServ six ans plus tôt, j’aurais sûrement échoué parce que je n’avais pas l’expérience nécessaire pour diriger une entreprise. J’avais besoin de savoir comment trouver des clients, engager des talents et gérer le stress – c’est exactement cela que ma carrière dans les grosses boîtes m’a appris.

Comment cette expérience vous a-t-elle été utile pour démarrer SoftServ ?

Dans mes emplois précédents, je rêvais toujours de démarrer ma propre société. Tout ce que j’apprenais au quotidien – comme l’encodage ou le développement de logiciels – Je réfléchissais aussi comment présenter mes arguments de free-lance à des clients potentiels.

J’étais très loyal envers mes employeurs et je leur dédiais entre 14 et 15 heures par jour avant de rentrer chez moi et de travailler cinq heures de plus sur des projets free-lance. En ce sens, j’ai eu la chance, car 14 ans auparavant j’avais commencé à poser les fondations en développant mes compétences – une planification solide, c’est ce qui marche pour moi.

Qu’est-ce qui a fait prospérer SoftServ au cours des premières années ?

J’ai habité aux États-Unis pendant presque six ans, en travaillant pour de grosses boîtes. Pendant cette période, j’ai décroché un contrat international avec une société australienne et j’ai commencé à penser qu’il était peut-être temps de plier bagage.

J’ai planifié un budget pour couvrir mes dépenses sur un an, sachant que je n’aurais aucun client pendant les tout premiers mois et je ne voulais pas que ma famille en pâtisse. J’ai pioché dans mes économies pour couvrir la première année.

Le dernier jour chez mon employeur, un ami proche et mentor, Abhishek Malhotra, m’a offert une tapette à mouches et m’a dit : « Tu vas sûrement en avoir besoin pendant deux ou trois mois – ou deux ans – lorsque tu n’auras aucun boulot, soit prêt ! Utilise cette tapette pour tuer le temps, mais ne revient à aucun prix parce que c’est une étape que tu dois franchir. » J’ai toujours la tapette pour me rappeler que j’ai eu une chance inouïe, car je n’ai jamais eu à tuer le temps.

Comment avez-vous développé la philosophie de votre société d’automation ?

Le logo de SoftServ est un diagramme circulaire à trois segments et un segment manquant. Ma philosophie et de dire aux clients tout ce qu’ils ont dans leur société. Un segment représente le cœur de leur métier, un autre leurs finances et le troisième leur processus. Le segment manquant est là pour représenter la productivité qui peut être améliorée par une meilleure automation IT. À chaque entreprise son segment manquant, c’est donc là qu’intervient SoftServ.

De quels secteurs viennent vos clients ?

J’ai servi dans le secteur de la santé pendant des années et je travaille avec deux sociétés canadiennes pétrolières et gazières – une s'appelle Occupational Hazard and Safety (OHS). Nous travaillons aussi pour une société australienne minière avec une capacité de production de 900 millions de tonnes de charbon à Brisbane.

Il y a-t-il d’autres raisons pour avoir choisi Brisbane comme premier bureau international ?

Après avoir travaillé en Amérique, j’ai réalisé que le marché de la sous-traitance était saturé, alors, j’ai décidé de ne pas m’y attarder. Après avoir travaillé avec mon ami australien de longue date et client, Nicholas Manolis, j’ai réalisé que l’Australie était un marché en pleine croissance.

Les entreprises australiennes utilisaient toujours des technologies anciennes, alors, j’ai pensé qu’il serait bon que nous y soyons. Nicholas, m’a alors proposé de représenter SoftServ en Australie et m’a aidé à installer le bureau de Brisbane – maintenant, c’est lui qui s’occupe de ma clientèle australienne.

Comment ont évolué vos besoins en bureaux depuis le début de SoftServ ?

En 2013, j’avais mon propre espace de 244 mètres carrés où j’ai installé sept cabines en pensant que cela me prendrait sept ans à les remplir. Seulement six mois plus tard, toutes les sept étaient remplies. J’ai alors installé six autres cabines et je les ai remplies en six mois. Nous nous sommes agrandis et maintenant, je suis dans un centre Regus basé à Jaipur — au Rajasthan, en Inde.

Dans mon bureau, j’étais responsable de tout : le ménage, l’eau, l’électricité, l’air conditionné, le parking – il y avait tant de problèmes. En tant qu’entrepreneur, je faisais énormément de choses très peu productive, mais j’ai rapidement réalisé que je ne pouvais plus perdre de temps avec ces détails.

Lorsque nous avons emménagé au centre Regus, nous avons fait la fête 45 minutes et nous nous sommes mis au travail immédiatement dans les nouveaux bureaux. Après avoir branché nos ordis, nous étions fin prêts – la solution clé en main était un argument de poids.

Manoj est installé dans les bureaux de Regus à Jaipur, Inde. Découvrez ses solutions innovantes de logiciels en vous rendant sur SoftServ.in.

 

Les conseils de Manoj:

1. N’achetez pas de locaux : votre capital est bloqué et vous ne pouvez pas l’utiliser à autre chose. À la place, louez et utilisez vos fonds pour embaucher du personnel et augmenter votre capacité.

2. Identifiez les créneaux : cherchez des marchés avec moins de main-d’œuvre pour trouver de meilleures occasions. Pénétrer un marché saturé vous coulera.

3. Il n’y a pas de secret pour le succès : préparation, acharnement et l’apprentissage par l’échec sont des éléments essentiels si vous voulez prospérer.